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Comment intégrer le co-investissement dans une allocation patrimoniale globale ?

Sophie LAM-DETRAIT

Responsable de l’Offre Non Coté – Cyrus Herez

Investir dans le co-investissement en private equity séduit de plus en plus d’investisseurs, car cette approche permet d’accéder à des opérations de private equity « aux côtés » de gérants reconnus, souvent avec une structure de frais plus efficiente que les fonds traditionnels, tout en accélérant le déploiement du capital. 

Mais pour que cette brique joue pleinement son rôle (diversification, recherche de performance, maîtrise des risques), elle doit être pensée dans une allocation patrimoniale globale.

Co-investissement en private equity : de quoi parle-t-on exactement ?

Le private equity consiste à investir dans des entreprises non cotées à différents stades de leur développement, avec un horizon long (souvent 5 à 10 ans). Il vise une performance potentiellement supérieure, en contrepartie d’une illiquidité et d’un risque de perte en capital. 

Le co-investissement correspond au fait d’investir sur une opération identifiée (souvent une transaction de type LBO), aux côtés d’un fonds “lead” qui pilote le deal (sourcing, négociation, structuration, gouvernance). Dans la pratique, l’accès implique des investisseurs capables d’analyser et d’exécuter rapidement, d’où l’intérêt pour de nombreux investisseurs privés de passer via des fonds de co-investissement qui mutualisent la sélection et diversifient sur plusieurs opérations.

Pourquoi investir dans le co-investissement en private equity ?

Dans de nombreux schémas, le co-investissement est proposé avec une structure de frais plus légère car le gérant “lead” recherche surtout à compléter le financement de l’opération. 

Le co-investissement peut permettre : 

  • D’accéder à un flux d’opportunités sourcées par des gérants très établis ; 
  • D’accélérer le déploiement (moins de cash “en attente”), ce qui peut favoriser des retours plus rapides via les distributions selon les opérations et les marchés. 

Dans les périodes où les valorisations, la dette ou la visibilité économique changent vite, la capacité à co-investir de façon sélective peut être un avantage, à condition que la sélection et la structuration soient solides.

À qui s’adresse le co-investissement en private equity ?

Le co-investissement en private equity s’adresse principalement à des investisseurs avertis, disposant d’une surface financière suffisante et d’un horizon d’investissement long. Il concerne en priorité les profils capables d’accepter une illiquidité temporaire, une valorisation non quotidienne et un risque de perte en capital, en contrepartie d’un potentiel de performance supérieur. 

Cette stratégie est particulièrement adaptée aux investisseurs souhaitant diversifier leur patrimoine au-delà des actifs cotés, optimiser la mise au travail de leur capital et accéder à des opportunités habituellement réservées aux institutionnels. Elle trouve toute sa pertinence lorsque les fondamentaux patrimoniaux sont déjà structurés.

Quelle place lui donner dans une allocation patrimoniale globale ?

Avant d’ajouter une poche de co-investissement, on vérifie généralement : 

  • L’épargne de précaution ; 
  • Les projets court terme sécurisés ; 
  • Le portefeuille déjà diversifié ; 
  • La capacité psychologique et financière à supporter l’illiquidité et les valorisations moins fréquentes. 

Repères de pondération

Une fourchette souvent citée pour le private equity dans un patrimoine financier est de 5 à 20%, en fonction du profil et de la liquidité globale. 

Dans cette poche, le co-investissement peut constituer : 

  • Soit une sous-poche, 
  • Soit une brique plus significative chez les patrimoines élevés et “experts”, à condition d’avoir une diversification suffisante. 

Intégrer le co-investissement sans déséquilibrer son portefeuille

1 – Définir le rôle dans l’allocation

Le co-investissement peut viser : 

  • La performance ; 
  • La diversification ; 
  • L’accélération du déploiement et recherche de distributions (selon les stratégies).

2 – Choisir le bon “format” d’accès

Trois grandes voies existent, avec des contraintes différentes : 

  • Le co-investissement direct : réservé aux investisseurs très équipés (analyse, juridique, suivi). 
  • Les fonds de co-investissement : diversification sur plusieurs opérations, accès professionnalisé. 
  • Les véhicules patrimoniaux (selon offres). 

3 – Diversifier

Pour limiter les risques spécifiques : 

  • Diversifier par gérants, secteurs, zones, millésimes ; 
  • Éviter la concentration sur un seul thème, un seul sponsor ou une seule période de marché. 

4 – Rythme d’investissement

Une approche progressive sur 24–36 mois peut aider à lisser les cycles. Cela réduit le risque d’investir une somme importante en une fois et améliore la robustesse du plan.

5 – Piloter la liquidité et la fiscalité

Le co-investissement est une poche illiquide : on anticipe les besoins (impôts, projets, transmissions, donations, immobilier) et on évite de financer cette poche avec un capital potentiellement nécessaire à court terme.

Points de vigilance clés avant d’investir

Le risque de “sélection adverse” 

Risque que les meilleures opportunités restent dans le fonds lead et que le co-investissement reçoive des deals moins attractifs. On le réduit en travaillant avec des partenaires réputés, des process de due diligence complets, et une relation de long terme.

L’alignement d’intérêts

On recherche des équipes qui investissent significativement à titre personnel, de la transparence sur la gouvernance, et la cohérence des incitations.

La structuration

Certains véhicules privilégient des horizons plus courts que les fonds classiques, mais il faut vérifier : la durée, les modalités d’investissement, la politique de cession, les mécanismes de distribution.

Le rythme de la collecte

Il doit être en phase avec le deal flow de l’équipe d’investissement. Si la collecte est trop importante et le deal flow insuffisant, on est tenté de remplir à tout va. Or, on veut maintenir une bonne sélectivité, il faut donc aussi maîtriser la collecte.

Notre approche

Chez Cyrus Herez nous abordons le co-investissement en private equity comme une brique stratégique de l’allocation patrimoniale globale, et non comme une opportunité isolée. Notre démarche repose sur une sélection rigoureuse des gérants, un accès à un deal flow qualifié et une analyse approfondie des opérations, afin de limiter les risques de sélection et d’assurer un alignement d’intérêts. 

Chaque investissement est intégré en fonction du profil, de l’horizon de placement, des contraintes de liquidité et de la fiscalité du client. Nous privilégions une diversification par gérants, secteurs et millésimes, et assurons un suivi dans le temps pour inscrire le co-investissement dans une stratégie patrimoniale durable.

Nos convictions

Investir dans le co-investissement en private equity peut renforcer une allocation patrimoniale, à condition de l’intégrer comme une poche structurée, diversifiée et calibrée en liquidité

La création de valeur réside d’abord dans la sélection des partenaires et dans la construction du portefeuille

Le co-investissement est une brique de stratégie qui se pilote sur la durée, avec une lecture claire des risques (perte en capital, illiquidité, dispersion des performances).