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Hauts revenus : ce qui évolue avec la CDHR en 2026

Audrey FERRY

Audrey FERRY

Directrice du Pôle d’Expertise Patrimoniale

La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) évolue en 2026. Pérennisé par la Loi de finances pour 2026, ce dispositif vise à garantir un niveau minimal d’imposition de 20 % pour certains foyers disposant de hauts revenus.  

La réforme modifie notamment la manière dont certains avantages fiscaux sont intégrés au dispositif. Une évolution susceptible d’avoir une incidence sur le montant de CDHR dû par certains contribuables.

Qu’est-ce que la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) ?

Instaurée par la Loi de finances pour 2025, la CDHR a pour objectif d’assurer une imposition minimale de certains contribuables disposant de revenus élevés. Initialement mise en place pour une année, elle a été reconduite par la loi de finances pour 2026.  

Elle concerne les contribuables fiscalement domiciliés en France dont le revenu fiscal de référence, après certains ajustements prévus par la loi, dépasse : 

  • 250 000 € pour une personne célibataire, veuve, séparée ou divorcée ;  
  • 500 000 € pour les contribuables soumis à une imposition commune.  

Le franchissement de ces seuils ne signifie pas automatiquement qu’une CDHR est due. Le dispositif intervient lorsque l’imposition prise en compte pour son calcul est inférieure à 20 % du revenu fiscal de référence ajusté. La contribution vient alors, selon les modalités prévues par le Code général des impôts, combler tout ou partie de cet écart.

CDHR : qu’est-ce qui change en 2026 ?

En 2026, les règles évoluent concernant la prise en compte de certains avantages fiscaux. Plusieurs dispositions transitoires applicables en 2025 ne sont pas reconduites, ce qui modifie le montant d’impôt retenu pour déterminer si le seuil minimal d’imposition est atteint. Selon la situation du foyer, cette modification peut donc avoir une incidence sur le montant final de la CDHR. 

Concrètement, la plupart des réductions et crédits d’impôt qui pouvaient minorer la contribution en 2025 ne sont plus pris en compte de la même manière en 2026. 

Cette évolution renforce l’intérêt d’une estimation individualisée : deux foyers disposant de revenus comparables peuvent être concernés différemment par la CDHR selon la nature de leurs revenus et les avantages fiscaux dont ils bénéficient.

Réductions d’impôt pour dons : un traitement différent en 2026

Les dons constituent un point particulier de la réforme. 

Pour les revenus 2025, la réduction d’impôt liée aux dons pouvait conduire à augmenter le montant de la CDHR. Pour les revenus 2026, cette réduction est désormais prise en compte dans le mécanisme de calcul de manière à ne plus produire cet effet. Le Code général des impôts intègre en effet désormais l’avantage fiscal prévu à l’article 200 parmi les éléments retraités pour déterminer l’impôt retenu dans le calcul de la CDHR. 

Le traitement des dons devient ainsi plus favorable dans le cadre de la CDHR : l’avantage fiscal qui leur est associé n’a plus pour effet d’accroître le montant de la contribution selon le mécanisme applicable en 2026. 

Il convient néanmoins de distinguer le fonctionnement de la réduction d’impôt elle-même de son traitement spécifique dans le calcul de la CDHR.

Comment est calculée la CDHR en 2026 ?

Le principe peut être résumé simplement : la CDHR vise à porter l’imposition retenue pour son calcul à un niveau minimal de 20 % du revenu fiscal de référence ajusté. 

Son calcul repose notamment sur la comparaison entre 20 % de ce revenu et l’impôt sur le revenu ainsi que la Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR), auxquels s’ajoutent certains montants prévus par la loi, notamment 1 500 € par personne à charge et 12 500 € pour les contribuables soumis à imposition commune.  

Des règles spécifiques s’appliquent par ailleurs à certains revenus exceptionnels et à différents avantages fiscaux. Une simple comparaison entre le revenu fiscal de référence figurant sur l’avis d’impôt et le montant de l’impôt sur le revenu ne suffit donc pas nécessairement à déterminer le montant de la CDHR. 

Quand faut-il déclarer et payer la CDHR en 2026 ?

Le calendrier constitue un autre point essentiel à anticiper. 

Pour les revenus 2026, les contribuables concernés doivent verser un acompte égal à 95 % du montant estimé de leur CDHR, entre le 1er et le 15 décembre 2026. Le contribuable doit effectuer son estimation en tenant compte des revenus déjà perçus au 1er décembre ainsi que de ceux qu’il prévoit de percevoir jusqu’au 31 décembre. 

Une estimation réalisée en amont permet d’anticiper le montant potentiellement dû et de préparer plus sereinement l’échéance de décembre. 

Cette anticipation est particulièrement importante lorsque l’année a été marquée par des revenus exceptionnels, une cession, des distributions de dividendes ou d’autres opérations susceptibles de modifier sensiblement le revenu fiscal du foyer. 

Pourquoi anticiper sa CDHR avant décembre ?

La CDHR ne doit pas être analysée isolément. Son montant dépend de la composition des revenus du foyer, de leur caractère récurrent ou exceptionnel, de l’impôt déjà supporté et des avantages fiscaux concernés. 

Une simulation en amont de l’échéance de décembre permet notamment d’identifier si le foyer entre dans le champ de la contribution, d’estimer le montant de l’acompte et d’intégrer cette échéance dans la gestion de sa trésorerie. 

Pour les contribuables disposant de patrimoines complexes ou de revenus provenant de plusieurs sources, cette analyse peut également être replacée dans une vision plus globale de leur situation patrimoniale et fiscale. 

Chez Cyrus Herez, nos équipes accompagnent leurs clients dans l’analyse des conséquences des évolutions fiscales sur leur patrimoine et dans l’anticipation de leurs principales échéances. 

Vos questions sur la CDHR en 2026

Qui est concerné par la CDHR en 2026 ? 

La CDHR concerne les contribuables domiciliés fiscalement en France dont le revenu fiscal de référence ajusté dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Elle n’est toutefois effectivement due que lorsque les conditions relatives au niveau minimal d’imposition sont réunies. 

Quel est le taux de la CDHR ?

La CDHR n’est pas un impôt appliquant simplement un taux de 20 % à l’ensemble des revenus. Il s’agit d’un mécanisme différentiel visant à assurer, selon ses propres règles de calcul, un niveau minimal d’imposition de 20 % du revenu fiscal de référence ajusté.  

Les réductions d’impôt diminuent-elles la CDHR en 2026 ?

Le traitement évolue en 2026. Plusieurs réductions et crédits d’impôt qui bénéficiaient de dispositions spécifiques en 2025 ne produisent plus le même effet dans le calcul de la CDHR. À revenus comparables, le montant de la contribution peut donc augmenter.

Les dons augmentent-ils la CDHR en 2026 ?

Non selon les règles applicables aux revenus 2026 : la réduction d’impôt pour dons est retraitée dans le calcul de la CDHR afin qu’elle ne conduise plus à augmenter la contribution, contrairement au mécanisme applicable aux revenus 2025.

Quand faut-il payer la CDHR en 2026 ? 

Un acompte correspondant à 95 % du montant estimé doit être déclaré et payé entre le 1er et le 15 décembre 2026.