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Assurance-vie : quels sont les points à vérifier avant la fin d’année ?

Alexandra MULLER

Directrice de l’Offre

À l’approche de la fin d’année, plusieurs éléments de votre stratégie patrimoniale méritent une attention particulière. L’assurance-vie, souvent envisagée comme un placement de long terme, peut notamment faire l’objet de certains ajustements. 

Versements, allocation financière, fiscalité ou transmission : voici cinq points à examiner avant le 31 décembre pour vous assurer que votre contrat reste adapté à votre situation et à vos objectifs.

1. Faire le point sur ses versements et ses projets

L’assurance-vie permet d’effectuer des versements libres ou programmés, selon les conditions prévues au contrat. La fin d’année peut être l’occasion de réévaluer votre capacité d’épargne et de vérifier si les sommes investies correspondent toujours à vos projets. 

Un versement complémentaire peut notamment être envisagé pour préparer un projet futur, constituer un capital ou organiser progressivement sa transmission. 

Contrairement au Plan d’Épargne Retraite (PER), les versements sur une assurance-vie ne sont pas déductibles du revenu imposable. Il n’existe donc pas d’avantage fiscal spécifique à effectuer un versement avant le 31 décembre. 

La pertinence d’une opération dépend avant tout de votre horizon d’investissement, de vos besoins de liquidité et de votre situation patrimoniale. 

2. Vérifier la répartition de son épargne 

L’évolution des marchés financiers peut modifier progressivement la répartition des investissements au sein d’un contrat d’assurance-vie. 

Une allocation initialement adaptée peut ainsi s’éloigner de votre profil de risque ou de vos objectifs. 

La fin d’année constitue un moment opportun pour examiner la place respective des fonds en euros et des unités de compte, ainsi que la diversification des supports détenus. 

Des arbitrages peuvent être envisagés pour rééquilibrer votre allocation, en tenant compte de votre horizon de placement et des perspectives de marché. 

L’objectif est de maintenir une stratégie d’investissement cohérente dans la durée, plutôt que de réagir aux seules fluctuations de court terme. 

Les unités de compte présentent un risque de perte en capital, contrairement aux garanties applicables au fonds en euros, selon les conditions du contrat. 

3. Examiner l’ancienneté du contrat et sa fiscalité

L’assurance-vie bénéficie d’un cadre fiscal spécifique, notamment lorsque le contrat atteint huit ans d’ancienneté. 

En cas de rachat, seule la part correspondant aux gains est susceptible d’être imposée. Après huit ans, un abattement annuel sur les gains retirés s’applique, à hauteur de : 

  • 4 600 € pour une personne seule ; 
  • 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune. 

Cet abattement concerne l’ensemble des contrats d’assurance-vie du foyer fiscal et s’applique à l’impôt sur le revenu, mais pas aux prélèvements sociaux. 

Si un retrait est envisagé, il peut donc être pertinent d’examiner les abattements encore disponibles avant le 31 décembre, ceux-ci étant appréciés par année civile. 

La fiscalité effective dépend toutefois de plusieurs paramètres, notamment de la date des versements, du montant des primes et du régime d’imposition applicable.

4. Revoir régulièrement sa clause bénéficiaire

L’assurance-vie constitue également un outil important dans l’organisation de la transmission de son patrimoine. 

La clause bénéficiaire détermine les personnes qui recevront les capitaux au décès de l’assuré, selon les modalités prévues au contrat. 

Or, certains événements peuvent justifier une actualisation : mariage, divorce, naissance, décès d’un proche ou évolution des objectifs de transmission. 

Une rédaction ancienne ou imprécise peut ne plus correspondre à vos volontés et compliquer la répartition des capitaux. 

Relire régulièrement sa clause bénéficiaire permet de vérifier qu’elle reste cohérente avec sa situation familiale et ses intentions patrimoniales. 

Pour les situations familiales ou patrimoniales complexes, une rédaction personnalisée peut être envisagée avec l’accompagnement d’un professionnel.

5. Anticiper les conséquences des versements après 70 ans

L’âge de l’assuré au moment des versements constitue un paramètre important en matière de transmission. 

Pour les primes versées avant 70 ans, le régime prévu à l’article 990 I du Code général des impôts permet, sous conditions, de bénéficier d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les capitaux décès. 

Pour les primes versées après 70 ans, un autre régime peut s’appliquer : un abattement global de 30 500 € sur les primes versées, tous bénéficiaires et contrats confondus, dans les conditions de l’article 757 B. Les gains correspondants sont en principe exclus de l’assiette des droits de succession de ce régime. 

Ces règles concernent principalement les contrats relevant des régimes fiscaux actuels. Certains versements anciens obéissent à des dispositions particulières. 

L’approche d’un 70e anniversaire peut donc justifier une réflexion sur le calendrier des versements, sans pour autant considérer cet âge comme une limite à l’intérêt de l’assurance-vie.

Une stratégie à réévaluer dans sa globalité

Au-delà de ces vérifications, la fin d’année est l’occasion de s’assurer que son assurance-vie conserve toute sa place dans sa stratégie patrimoniale. 

Épargne disponible, investissements financiers, préparation de la retraite ou transmission : les décisions prises sur un contrat doivent être appréciées au regard de l’ensemble du patrimoine. 

Chez Cyrus Herez, nos équipes accompagnent leurs clients dans l’analyse et le suivi de leurs contrats d’assurance-vie, afin d’adapter les solutions retenues à l’évolution de leurs objectifs et de leur situation personnelle. 

Vos questions sur l’assurance-vie en fin d’année

Faut-il verser sur son assurance-vie avant le 31 décembre ? 

Il n’existe pas d’avantage fiscal spécifique lié à un versement avant le 31 décembre. Un versement peut toutefois être pertinent selon votre capacité d’épargne, vos projets et votre stratégie de transmission.

Peut-on retirer de l’argent de son assurance-vie avant la fin de l’année ? 

Oui, sous réserve des conditions du contrat. Un rachat partiel ou total est possible. La fiscalité dépend notamment de l’ancienneté du contrat et de la part de gains comprise dans le retrait. Après huit ans, un abattement annuel peut s’appliquer aux gains soumis à l’impôt sur le revenu. 

Pourquoi vérifier sa clause bénéficiaire en fin d’année ? 

Une évolution familiale ou patrimoniale peut rendre nécessaire une modification de la clause bénéficiaire. Sa vérification permet de s’assurer que les capitaux seront transmis conformément aux volontés de l’assuré.

Est-il intéressant de conserver une assurance-vie après 70 ans ? 

Oui. L’assurance-vie conserve un intérêt en matière d’épargne et de transmission après 70 ans. Le régime fiscal applicable aux primes versées évolue, mais les gains générés par les versements relevant de l’article 757 B bénéficient en principe d’un traitement successoral spécifique.