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Private equity, dette privée et infrastructures : comprendre les 3 piliers du non coté

Sophie LAM-DETRAIT

Responsable de l’Offre Non Coté – Cyrus Herez

L’investissement non coté occupe une place croissante dans les allocations patrimoniales, tant chez les investisseurs institutionnels que chez les particuliers avertis. Longtemps réservé à un cercle restreint, il s’est progressivement démocratisé sous l’effet combiné de la réglementation, de l’innovation financière et d’un environnement macroéconomique en mutation.

Le private equity, la dette privée et les infrastructures constituent aujourd’hui les trois piliers structurants de cet univers. Bien qu’ils partagent des caractéristiques communes – illiquidité relative, horizon long, lien direct avec l’économie réelle – ils répondent à des objectifs patrimoniaux distincts.

Hausse des taux et rendement réel : un enjeu central

Le retour de l’inflation a profondément modifié la lecture des performances financières. Un rendement nominal n’a de sens que rapporté à l’évolution du pouvoir d’achat. Dans ce contexte, viser uniquement des placements sans risque revient souvent à accepter une érosion du capital en termes réels.

Les actifs non cotés répondent à cette problématique en intégrant une prime d’illiquidité et une création de valeur fondée sur des moteurs économiques concrets. Sur un horizon de long terme, ils permettent d’aligner le temps, le risque maîtrisé et la performance réelle.

Le Private Equity : investir dans la croissance des entreprises

Le private equity, ou capital-investissement, consiste à prendre des participations dans des entreprises non cotées, à différents stades de leur développement : création, croissance, transmission ou restructuration.

Sa performance repose avant tout sur l’opérationnel. La création de valeur provient majoritairement de la croissance des résultats, de l’amélioration de la productivité, de la structuration de la gouvernance ou encore du développement à l’international.

Le private equity s’adresse à des investisseurs capables d’immobiliser une partie de leur capital sur une durée longue, généralement comprise entre 6 et 10 ans. En contrepartie, il offre un potentiel de rendement élevé et une exposition directe à l’économie réelle, souvent moins corrélée aux fluctuations boursières.

La dette privée : un compromis entre rendement et visibilité

La dette privée correspond à des prêts de gré à gré accordés par des fonds spécialisés à des entreprises de taille intermédiaire. Ces sociétés, souvent solides et rentables, n’ont pas ou peu accès aux marchés obligataires cotés.

Cette classe d’actifs s’est fortement développée depuis la crise financière de 2008, sous l’effet du durcissement des contraintes réglementaires pesant sur les banques. Les fonds de dette privée ont progressivement pris le relais, offrant aux entreprises un financement rapide, flexible et avec un interlocuteur unique.

Pour l’investisseur, la dette privée présente plusieurs attraits : des rendements attractifs, souvent à taux variable, une meilleure protection contre le risque de taux, et des distributions régulières. Le risque principal reste celui du défaut de l’emprunteur, ce qui rend la sélection du gérant et la diversification essentielles.

Les infrastructures : des actifs réels au cœur des besoins essentiels

Née dans les années 1990, notamment en Australie, la classe d’actifs infrastructures s’est imposée comme un pilier incontournable du non coté. Elle regroupe les équipements et services indispensables au fonctionnement de l’économie : transport, énergie, numérique, environnement ou infrastructures sociales.

Ces investissements génèrent des flux de trésorerie stables et prévisibles, souvent adossés à des contrats longs ou à des concessions publiques. Ils bénéficient généralement de fortes barrières à l’entrée et d’une indexation partielle ou totale à l’inflation, ce qui en fait un excellent outil de protection du capital en valeur réelle.

Dans un contexte de transition énergétique, de transformation numérique et de contraintes budgétaires des États, les besoins d’investissement sont considérables. Les acteurs privés jouent un rôle clé pour financer, construire et exploiter ces infrastructures essentielles.

Trois piliers, une même logique patrimoniale

Le private equity, la dette privée et les infrastructures répondent à un objectif commun : préserver et faire croître le capital sur le long terme, tout en donnant du sens à l’investissement.

Ils offrent une large palette de profils de risque, allant de l’exposition en capital à des stratégies plus défensives fondées sur la dette ou les actifs tangibles. Leur combinaison au sein d’une allocation permet de mieux maîtriser la volatilité, de diversifier les sources de rendement et de s’affranchir des cycles courts des marchés financiers.

Donner du sens à ses investissements non cotés

Au-delà de la performance financière, de nombreux investisseurs souhaitent comprendre l’utilité de leur capital. Le non coté permet une lecture claire de l’impact : entreprises financées, emplois créés, infrastructures développées, transition énergétique accompagnée.

L’intégration de critères extra-financiers dans les stratégies d’investissement contribue également à une création de valeur durable. Gouvernance, responsabilité sociale, impact environnemental deviennent des leviers complémentaires de performance à long terme.

Nos convictions

Le non coté n’est pas une classe d’actifs sans risque, ni une solution universelle. Il exige du temps, de la pédagogie et une sélection rigoureuse. En revanche, intégré de manière cohérente dans une stratégie patrimoniale globale, il constitue un levier puissant de diversification, de rendement réel et de sens.

Private equity, dette privée et infrastructures forment ainsi un triptyque complémentaire, capable de répondre aux enjeux patrimoniaux actuels dans un monde économique en profonde mutation.