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Marchés agités : quel impact la volatilité a-t-elle sur les produits structurés ?

Pauline HAMPARTZOUNIAN

Directrice de Mirae

Les marchés financiers traversent depuis plusieurs mois des phases de turbulences accrues. Tensions géopolitiques, révisions des anticipations de taux, incertitudes macroéconomiques, incertitudes fiscales : dans ce contexte, les investisseurs cherchent naturellement à sécuriser leur patrimoine tout en maintenant un niveau de performance satisfaisant. Les produits structurés, souvent perçus comme des instruments complexes, offrent en réalité une réponse particulièrement adaptée à cet environnement.

La volatilité, ennemie ou alliée des produits structurés ?

C’est l’une des méconnaissances les plus répandues : la volatilité est souvent redoutée par les investisseurs. Pourtant, pour les produits structurés, elle joue un rôle fondamentalement différent de celui qu’elle occupe sur les marchés actions en direct. 

La construction même d’un produit structuré repose sur deux composantes : une partie obligataire, qui assure la protection ou la garantie du capital à échéance, et une partie dérivée (options), qui génère la performance. Or, les options se valorisent précisément quand la volatilité est élevée. Un pic de volatilité se traduit donc, pour les émetteurs, par la capacité à proposer des conditions plus attractives : rendements cibles plus élevés, barrières de protection plus larges, ou les deux. 

En d’autres termes, une période de marchés agités est souvent un point d’entrée privilégié sur cette classe d’actifs. 

À retenir : Contrairement aux actions, un environnement volatile améliore généralement les conditions d’émission des produits structurés, et donc leur attractivité pour l’investisseur.

Un cadre de risque défini dès l’origine

C’est précisément ce qui distingue les produits structurés de la plupart des placements financiers : les règles du jeu sont fixées à l’avance, et ne changent pas en cours de route. 

Dès la souscription, l’investisseur connaît : 

  • Le rendement cible (actuellement autour de 7,50 % par an en moyenne pour un profil équilibré) 
  • Le niveau de protection ou de garantie du capital 
  • Les conditions de remboursement anticipé, généralement activées en moyenne au bout de deux ans 
  • L’horizon de placement maximal 

Lorsque les marchés s’emballent, cette lisibilité devient un atout considérable. Là où un portefeuille actions peut perdre 15 à 20 % en quelques semaines, un produit structuré bien calibré continue de suivre sa trajectoire définie, protégé par ses mécanismes internes, à condition, bien sûr, que les barrières de protection (capital, coupon..) n’aient pas été franchies.

Volatilité et stratégies : adapter le sous-jacent au contexte

La flexibilité des produits structurés tient aussi à la diversité des sous-jacents mobilisables. Contrairement à une idée reçue, ces instruments ne se limitent pas aux indices actions. Ils peuvent être indexés sur : 

  • Des indices actions (Eurostoxx 50, S&P 500, indices multisectoriels ou transatlantiques) 
  • Des taux d’intérêt courts ou longs 
  • Du crédit Investment Grade européen 
  • Des matières premières, dont l’or 
  • Des paniers d’actions thématiques (santé, luxe…) 

Dans le contexte actuel, marqué par la hausse des taux longs et des tensions persistantes sur les marchés, les stratégies indexées sur le crédit Investment Grade européen ou sur des indices actions diversifiés présentent un profil de risque/rendement particulièrement attractif. C’est précisément l’orientation défendue par nos équipes chez Cyrus Herez : une approche opportuniste sur les points d’entrée et les pics de volatilité, plutôt qu’une exposition permanente et indifférenciée.

Capital garanti, capital protégé : quel niveau de sécurité choisir ?

La volatilité invite aussi à reconsidérer le curseur entre performance et sécurité. Les produits structurés offrent un spectre très large.

Solutions à capital garanti

Pour les investisseurs souhaitant une sécurité totale du capital à échéance, quel que soit le scénario de marché. Les rendements garantis s’établissent actuellement autour de 5 % par an, avec des rendements conditionnels pouvant atteindre 6 à 8 %. Une option défensive qui retrouve toute sa pertinence dans un environnement incertain.

Solutions à capital protégé

Une barrière de protection (généralement entre 30 et 50 % de baisse du sous-jacent) permet de viser des rendements plus élevés, tout en conservant un filet de sécurité conséquent. Pour un risque moyen de 4/5 sur 7 (échelle SRI), ces solutions offrent un rendement cible autour de 8 % par an.

Solutions dynamiques

Pour les investisseurs acceptant une prise de risque plus marquée, des rendements de 10 % par an ou davantage sont accessibles, moyennant une exposition plus directe aux aléas du sous-jacent. 

En période de forte volatilité, il est souvent judicieux de déplacer légèrement le curseur vers des solutions à protection renforcée : les conditions de marché permettent d’obtenir des rendements attractifs même sur les segments les plus défensifs. Pour les investisseurs dynamiques, il s’agira d’une période opportuniste leur permettant d’aller chercher encore plus de rendement. En fonction de son profil, on utilisera la valeur provenant d’une hausse de volatilité pour obtenir des produits soit avec plus de protection, soit avec plus de rendement.

La liquidité : un avantage souvent sous-estimé

Dans les phases de stress de marché, la liquidité des placements devient soudainement une priorité. C’est l’un des atouts méconnus des produits structurés : leur liquidité est obligatoire, réglementée et journalière. 

Tout investisseur peut céder son produit en cours de vie, à tout moment, à sa valeur de marché. L’émetteur a l’obligation légale d’accepter la transaction, et l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente est encadré et ne peut excéder 1 %. 

Par ailleurs, la grande majorité des produits structurés intègre des mécanismes de remboursement anticipé automatique : lorsque les conditions préétablies sont atteintes (généralement après 1 à 2 ans en moyenne), le capital et le rendement sont restitués, libérant ainsi des liquidités pour de nouvelles opportunités, précisément au moment où le marché en offre.

Quelle place dans une allocation patrimoniale en période de turbulences ?

Dans une allocation diversifiée, les produits structurés jouent un rôle stabilisateur. Ils apportent une source de performance décorrélée des marchés directionnels, tout en maintenant un cadre de risque défini. En période de volatilité, ce double avantage prend toute sa valeur. 

Concrètement, ils peuvent : 

  • Amortir la volatilité globale du portefeuille, en compensant les phases de baisse des actifs plus directionnels ; 
  • Générer des revenus réguliers ou un remboursement anticipé, apportant des liquidités au bon moment ; 
  • Diversifier les sous-jacents, en s’exposant à des moteurs de performance variés (taux, crédit, actions, matières premières). 

Chez Cyrus Herez, notre conviction est claire : dans un environnement de marché incertain, les produits structurés ne sont pas une alternative aux actifs traditionnels, ils en sont le complément naturel. Avec environ 70/75 milliards d’euros traités en France en 2025, cette classe d’actifs s’est définitivement imposée dans les portefeuilles des investisseurs avertis.

En résumé

Contexte de marchéImpact sur les produits structurés
Volatilité élevéeAméliore les conditions d’émission (rendements et/ou protection)
Hausse des tauxRenforce la composante obligataire (protection du capital)
Marchés baissiersLes barrières de protection absorbent les chocs jusqu’à leur niveau
Incertitude macroFavorise les stratégies à capital garanti ou fortement protégé

Les produits structurés sont des instruments financiers complexes dont la performance dépend de l’évolution du sous-jacent et des conditions de marché. Le capital n’est pas systématiquement garanti. Ces informations sont communiquées à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement.